projet de diplôme : éloge du silence



Nous vivons dans un monde où le bruit est la règle et le silence l'exception, si bien que la valeur du silence nous échappe le plus souvent. On le remarque peu, à part s'il ne dure ne serait-ce que quelques secondes. Il s'interprète alors de diverses manières : cette absence de quelque-chose, bruits ou paroles, peut s'annoncer douloureux, frustrant, anxiogène, mais aussi contemplatif, apaisant, exaltant et appréciable. Le silence est quelque chose qui s’écoute, qui s’observe, qui s’entend et s'exprime. Il ne peut exister que par l’attention qu’on lui porte.

Imaginons un lieu où le silence surpasserait le bruit.
Un lieu où les bruits seraient étouffés.
le calme

Pour un contraste plus fort, plaçons le au sein d'une ruche sonore, la ville.
Un client fictif souhaite ouvrir des bars suivant ce concept dans de grandes villes telles que Paris ou New-York. Un havre qui permet de s'évader du monde temporel. Une pause café qui sublime l'absence de bruits.
silence

Mon travail consiste à élaborer l'identité graphique de ces bulles aphones. Il me faut pour cela concevoir le silence comme un mode de communication en creux en soulevant la problématique de l'image muette. C'est sur ces principes que je vais créer les éléments graphiques et typographiques de ces bars silencieux. Un travail de logotype sera à la base de mon travail et sera suivi de déclinaisons sur différents supports telles que les cartes de boissons et la communication visuelle du lieu via différents médiums : costumes des serveurs, affiches, presse...
Je ne peux pas dissocier le silence de la musique. Elle fera donc partie intégrante de mon travail, pour ses soupirs, ses pauses, ses silences, son rythme. Le solflège serait un code qui rejoindrait le langage des signes et le braille pour sa notion de communication silencieuse. C'est en ce sens que je voudrais évoquer le travail de l'artiste John Cage et ses 4'33, pièce silencieuse où l'orchestre ne jouait pas : il considérait le silence comme une note, ainsi que le travail de Joseph Beuys ( Infiltration homogène pour piano à queue, 1996 et Plight 1985) qui confrontait un piano et le feutre, isolant phonique : la pièce ainsi isolée atténuait tous les sons.

Suite à tous ces paramètres je compte cibler la communication des ces bars pour une clientèle active appréciant l'art et la musique contemporaine et expérimentale.
chhuuut

3 commentaires:

AN a dit…

c'est bête mais un doute m'envahi, la traduction graphique du silence est-elle forcément sobre et pâle, le silence est-il forcément synonyme de vide ?

adèle a dit…

alors je me dis certainement que non. le silence peut être un trop plein et super chargé. il va falloir que je joue sur le lourd et le léger..olala ça s'annonce bien complexe, il y a pleins de choses à faire là-dessus

dandine a dit…

un beau projet en cours...j'ai envie d'en savoir plus !